Tanks de protoxyde d’azote marketés pour plaire aux jeunes.

 

 

Lors du conseil municipal du 6 février 2026, dans le cadre de la stratégie du CLSPD (sécurité et prévention de la délinquance), j’ai alerté sur un phénomène qui progresse rapidement à Lille : l’usage du protoxyde d’azote chez les jeunes, avec des conséquences directes sur la sécurité et les comportements à risque.

En 2025, 3 513 personnes ont perdu la vie sur les routes françaises, en hausse de 2,1 %. Parmi les causes : vitesse excessive, consommation de drogues, perte de contrôle.

À Lille, cette violence a déjà frappé.
Bérangère Bouny, 23 ans, percutée à plus de 100 km/h rue Gambetta.
Mathis Polart, 19 ans, fauché boulevard de la Liberté par un chauffard en fuite.

Deux drames qui rappellent une réalité : les comportements à risque tuent.

Protoxyde d’azote : un phénomène massif et banalisé

Derrière les “ballons”, les effets sont bien réels : désinhibition, perte de réflexes, altération des capacités de conduite.

Sur le terrain, les signaux sont alarmants.
Aux abords d’un lycée lillois, l’association Protoside a retrouvé l’équivalent d’un demi-terrain de football recouvert de capsules.

Ce phénomène n’est plus marginal.
Il s’installe, et il touche directement les plus jeunes.

Des évolutions légales nécessaires

Au niveau national, des avancées sont en cours :

  • Le très grand excès de vitesse est désormais un délit pénal
  • Une proposition de loi vise à encadrer les véhicules surpuissants pour les conducteurs inexpérimentés
  • Des textes sont en préparation pour renforcer les sanctions sur le protoxyde d’azote et interdire sa vente aux particuliers

Ces évolutions vont dans le bon sens.

Mais elles arrivent tard, et elles ne suffiront pas à elles seules.

À Lille, une priorité : la prévention

La stratégie locale de prévention date de 2017. Elle est aujourd’hui dépassée.

Nous demandons pour la troisième fois un plan local de prévention dédié au protoxyde d’azote, à l’échelle de Lille, Lomme et Hellemmes.

Objectifs :

  • sensibiliser les jeunes aux risques réels
  • accompagner les parents
  • intervenir dans les établissements scolaires
  • coordonner l’action avec les associations et professionnels de terrain

Parce que sans prévention, la répression restera insuffisante.

Tout tenter pour protéger

Rien n’effacera les drames passés.
Mais tout doit être fait pour éviter les prochains.

Le protoxyde d’azote est un angle mort de nos politiques publiques locales.
Il doit devenir une priorité.

Agir maintenant, c’est protéger les jeunes, sécuriser nos rues, et refuser que d’autres vies soient brisées.