L’équipe de Martine Aubry admet enfin que la délinquance est trop élevée à Lille par rapport à d’autres villes. Nous avons à l’unanimité adopté un texte pour demander plus d’effectifs de police nationale.
Là où ça coince, c’est que dans le même temps, la Maire a décidé qu’elle stoppait le déploiement de la vidéoprotection en 2025. Seules 166 caméras ont été installées.

Incohérence totale.

Au conseil municipal de décembre 2024, je suis intervenue sur le manque de caméras de videoprotection.

 

L’équipe de Madame Aubry a soumis au vote du conseil municipal un texte qui demande des renforts de Police Nationale au motif que la délinquance à Lille demeure à un niveau trop élevé par rapport à d’autres villes.

J’ai d’abord salué cette franchise, il n’y a pas si longtemps, quand on osait parler d’insécurité à Lille on était coupable soit de crime de lèse majesté, du crime de ne pas aimer Lille ou d’etre carrément “fasciste”. Donc oui on a un problème de sécurité à Lille et oui on aime Lille !

Pour y arriver il faut un travail collectif. La sécurité du quotidien ça ne marche que si chacun fait son meilleur effort, c’est un continuum de responsabilités, or, vous ne saisissez pas encore tous les outils qui sont de votre responsabilité : armer progressivement nos policiers municipaux, tester avec les habitants le dispositif citoyen vigilant, travailler sur les missions des agents y compris des ASVP, et …. implanter plus de caméras de vidéoprotection !

Et là c’est quand meme fort de café. Au dernier comité de la vidéoprotection en novembre où j’ai l’honneur de sieger, un comité particulièrement riche car il réunit police municipale, police nationale, et procureur de la république, je suis tombée de ma chaise. Ce 22 novembre, j’apprend que vs avez décidé d’arrêter d’installer la moindre caméra. Un arrêt brutal après 3 ans d’installation tardive, puisque Lille ne s’y est mis qu’en 2021 et qui montre des résultats.

Les résultats de la vidéoprotection à Lille sont déjà connus

Les documents présentés par la Police Nationale confirment que les zones équipées de caméras ont vu la délinquance de voie publique baisser de manière significative : jusqu’à -37 % dans les zones équipées, contre seulement -20 % ailleurs. Autre fait, la vidéoprotection contribue objectivement à l’élucidation des enquêtes, c’est avéré, et répété par nos collègues de la justice lors de nos réunions. Elle est même dans certains cas, l’unique preuve décisive, les exemples ne manquent pas dans la presse locale.

Et la police nationale le répète à chaque réunion, la vidéoprotection bien plus qu’un simple outil de dissuasion ou d’élucidation c’est clé pour piloter nos grands événements, festifs comme la braderie ou les manifestations, ou les crises, pour déployer, redéployer de manière réactive les effectifs de police. Les retours des professionnels sont clairs : bien compris, bien utilisés, assortis d’outils comme Briefcam, qui permettent de traiter rapidement des heures de vidéos, les caméras qui évidemment ne reglent pas tt, coutent, et doivent etre encadrées, elles sont précieuses et vs le savez.

Pourquoi mettez vous cette dynamique à l’arrêt ? Considérez-vous qu’il y a maintenant assez de caméras à Lille ? Voyez la carte de Lille avec le plan d’implantation des 166 caméras, évidemment que non. Tous les points chauds de Lille sont couverts ? Non. Et comment être réactif, demain, l’année prochaine, face à un nouveau point de tension. La dernière caméra vs l’avez posée dans le Vieux Lille sur un secteur de prostitution, qui souffre. Et après ?

Alors cet arrêt nous a été justifié par l’évaluation par la ville de la vidéoprotection, sauf qu’on l’attend toujours. Annoncée initialement pour fin 2023, elle est désormais repoussée à mars 2025, et ses contours restent flous. C’est qd même fou de lancer une évaluation, et quels que soient ses résultats, d’avoir déjà décidé d’arrêter, rien dans le budget 2025, zéro en 2026. C’est inacceptable. La seule bonne nouvelle, c’est que cette évaluation, en ts cas je l’ai demandé contienne un volet très qualitatif avec des recommandations concrètes pour améliorer l’utilisation effective des caméras, pour rentabiliser tous ces équipements, pour mieux connecter encore les systèmes informatiques, les policiers nationaux et municipaux, bref, pour l’exploiter mieux, et des recommandations d’implantation pour le ou la prochaine maire de Lille. Ce soir nous demandons solennellement que l’évaluation avec ses recommandations soit livrée effectivement à la dernière date annoncée c’est à dire dans 3 mois, que le déploiement des caméras reprenne dès que possible, que Lomme, commune associée de Lille, en installe enfin, elle n’en a aucune.

Nous refusons de mettre en pause notre ambition d’une ville plus tranquille et d’une gestion municipale plus efficace.  

Ingrid Brulant